Sous-location en Suisse : consentement et limites
Le locataire peut sous-louer tout ou partie de la chose avec le consentement du bailleur (art. 262 CO). Celui-ci ne peut refuser que pour trois motifs — ce qui rend le régime suisse favorable au locataire, mais pas inconditionnel.
Sous-louer sans consentement, ou en donnant des indications inexactes, expose à la résiliation du bail principal.
Les trois motifs de refus
Le bailleur peut refuser si le locataire refuse de lui communiquer les conditions de la sous-location ; si ces conditions sont abusives comparées à celles du bail principal ; ou si la sous-location présente pour lui des inconvénients majeurs.
Est notamment abusif un sous-loyer nettement supérieur au loyer principal sans que le mobilier ou des prestations supplémentaires le justifient. Vouloir gagner de l'argent sur la sous-location est le meilleur moyen de perdre le consentement.
Une demande écrite indiquant le nom du sous-locataire, la durée, le loyer et l'étendue de la sous-location retire tout fondement au premier motif de refus.
- 1.Demander le consentement par écrit en indiquant toutes les conditions.
- 2.Délimiter les locaux exclusifs et les locaux communs.
- 3.Aligner le sous-loyer sur le loyer principal et justifier tout supplément.
- 4.Fixer une durée qui ne dépasse pas celle du bail principal.
- 5.Dresser un inventaire du mobilier avec photos datées.
- 6.Signer une fois le consentement écrit obtenu.
Responsabilité et fin
Le locataire répond envers le bailleur du fait que le sous-locataire n'emploie la chose qu'à l'usage autorisé. Les dommages causés par le sous-locataire sont, dans la relation avec le bailleur, à la charge du locataire principal.
Le contrat de sous-location prend fin au plus tard avec le bail principal : nul ne peut transférer plus de droits qu'il n'en a. En cas d'absence temporaire, une durée déterminée avec date de retour est la solution la plus nette.
À retenir
- ✓ Consentement écrit du bailleur, avec communication complète des conditions.
- ✓ Un sous-loyer nettement supérieur au loyer principal est jugé abusif.
- ✓ Le locataire principal répond de l'usage fait par le sous-locataire.
- ✓ La sous-location s'éteint au plus tard avec le bail principal.
- ✓ Absence temporaire : préférer une durée déterminée.
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